Florence Noël

Une seule vision, variée à l’infini.

In Citation - extraits on février 19, 2010 at 9:29

Souvent les « poétiques » m’ont ennuyée. Qu’avaient donc tous ces magiciens du verbe à tout d’un coup faire des recettes de cuisine et à nous buriner les méninges loin de leurs fulgurances. Faire école? Affimer sa supériorité? Etre un expérimentateur reconnu? La reconnaissance, peut-être? Mais est-ce par l’autre que l’on naît-on à nouveau ?

Eluard est le seul qui exprime exactement ce que j’ai toujours ressenti face à l’écriture en poésie, le choix d’une liberté absolue, sans crainte de fuir les écoles ou de renoncer à en fonder une nouvelle.

Eluard par Salvador Dali

L’idée que l’on peut se faire en secret de la poésie ne limite pas forcément celle-ci. Mais comme les rêves inavouables elle risque de causer des troubles de mémoire et d’empêcher la formation régulière d’un monde supérieur à celui où l’oubli est utile à la conservation prudente de l’individu.

Il faut effacer le reflet de la personnalité pour que l’inspiration bondisse à tout jamais du miroir. Laissez les influences jouer librement, inventez ce qui a déjà été inventé, ce qui est hors de doute, ce qui est incroyable, donnez à la spontanéité sa valeur pure. Soyez celui à qui l’on parle et qui est entendu. Une seule vision, variée à l’infini.

Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré.

Paul Eluard de Ralentir travaux, 1930

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