Florence Noël

Archive for mars 2010|Monthly archive page

Quelques glaires sointant l’absence, sur un recueil de Véronique Daine

In Recueils poésie on mars 30, 2010 at 11:01

C’est la main curieuse, toujours, que je tombe sur les plus belles perles d’écriture. Il arrive qu’une personne éclaire ma lanterne par ses conseils de lecture, mais mes plus belles découvertes sont toujours dans le prolongement de ce geste de glaneuse.

Samedi 20 mars, à deux heures de la fin d’un hiver trop long, dans la pénombre chaleureuse du Théâtre des Utopies,  je laisse mes doigts feuilleter les couvertures crème des recueils édités par la Maison de la Poésie d’Amay. Ils sont en vente libre. Comprenez que vous pouvez vous servir et glisser dans la fente des cochons roses, verts ou jaunes un don en échange. Ils sont là pour ne pas mourir sous le pilon mais renaître sous vos yeux de lecteurs. Ma gourmandise n’est soudain plus freinée, je pioche, je parcours, je découvre.

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Printemps de la poésie, Amay 2010

J’ai une méthode imparable en poésie. J’ouvre le recueil au hasard et je laisse simplement la petite musique du verbe venir à mes oreilles, je laisse la surprise advenir, la voix s’imposer. Je suis persévérante, je tourne quelques pages, je laisse d’autres mots, d’autres textes monter à moi. Il arrive qu’à chaque page je sois touchée, émue déjà au point que me submerge l’envie de refermer le livre pour ne pas débaucher son offrande. Ca n’arrive pas si souvent, mais « Glaires » de Véronique Daine, poétesse belge gaumaise, fut certainement de ceux-là.

Il faut déjà au poète du ventre pour nommer « Glaires » son recueil. Il y a du crachat la signature et de la maladie l’écoulement dans ce titre si loin de l’esthétique chaste de la poésie. Il y a un visage qu’on saisit, et dont on macule la nudité, à moins que ce soit cette tache qui nous saisisse dans notre nudité.

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Le contrepoint organique de Françoise Delcarte

In Citation - extraits, Revues littéraires on mars 11, 2010 at 1:13

Oui, je sais, j’avoue, je n’aime pas la poétique, cet art de la mécanique interne des poèmes, comme des machines ventrues qu’on autopsie. On se gargarise de sa propre agilité de langue, ses choix deviennent règles, voire charte, on l’institue et voila qu’on cesse tout d’un coup d’être poète pour devenir un grammairien de l’indicible. Voué à l’échec mais admiré pour son intellect.

Je suis mauvaise.

Et que voila une bien mauvais entrée en matière pour accueillir un texte d’une auteur belge contemporaine, décédée en 1995, François Delcarte dont j’ai découvert la puissance poétique dans un ancien numéro de la revue Poésie 1, datant de juillet 1971.

Numéro d’autant plus intéressant, concernant cette auteure, qu’il la fait paraître au début d’un très long silence de publication…

Françoise Delcarte, née dans un village du Hainaut occidental en 1936, Peruwelz, décédée en 1995, publie en effet deux recueils fin des années 60 aux éditions Seghers. L’infinitif en 1967 suivit de Sables en 1969. Puis plus rien. Sauf sans doute en revues et seul un travail archéologique en Bibliothèques Royale ou Nationale pourrait nous informer de sa création.

Françoise Delcarte

Françoise Delcarte, photo issue de Poésie 1, n°17, juillet 1971

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Jens Olof Lasthein et Serge Clément au musée de la Photographie de Charleroi

In Expositions on mars 11, 2010 at 9:51

Chers amis de la photographie,

Ne ratez pas la nouvelle exposition temporaire du Musée de la Photographie à Charleroi (un endroit délicieux où vous me verrez souvent…).

Un grand cru à mon sens.

De beaux panoramiques en couleurs de Jens Olof Lasthein, photographe suédois. Images mélancoliques (qui sont souvent de très belles compositions) évoquant une histoire et situées dans l’Europe de l’Est.
Mélange de tendresse et de noirceur, d’humour et de réalisme.

photographie de Jens Olof Lasthein

Quant à Serge Clément que j’ai eu le plaisir de rencontrer, il nous offre de très beaux noir et blanc traversés par les thèmes du reflet, de la transparence, de la mise en abyme. Ah ! La mise en abyme ! Une de mes passions longuement enseignée à mes étudiants…

La force de Serge Clément ? Nous révéler des compositions que l’on croirait retouchées et qui ne le sont nullement.
Le photographe prend seulement le temps d’observer ce que nous n’avons pas l’habitude de voir…
De la grandeur photographique en somme…

Comme je ne cesse de le répéter, allez à la rencontre des grands photographes lors des expositions : une mine d’or pour qui veut réellement progresser. Aller à la rencontre de l’autre pour grandir soi-même…

Exposition jusqu’au 16/05/2010

Jean-Pierre Leclercq

[ http://www.flickr.com/photos/31709433@N00/ ]

Aller plus loin :

Périodes d’ouverture :
  • du lundi 1 mars 2010 au dimanche 16 mai 2010 (sauf le: lundi)
    • mardi-dimanche : 10:00-18:00